100 jours du gouvernement Béavogui : que retenir au-delà d’essentiel ? (Edito Djoma de Mognouma)

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Il est évident que toute appréciation qui ne célébrait pas la junte au pouvoir, le lendemain de la chute d’Alpha Condé, avait peu de chances de rencontrer un écho important. C’est le cas notamment de la composition du gouvernement de la transition.

Les nouveaux maîtres de Conakry, arborant logiquement » la tunique de sauveurs, pour avoir débarrassé le pays d’un régime qui avait pris le goût d’un pouvoir dont il a abusé bigrement, étaient alors insoupçonnés de toute mauvaise appréciation dans les choix de ces futurs collaborateurs. C’était en réalité une capacité surfaite !

Avec le temps, l’euphorie s’est émoussée. Des actes posés, des actions menées, sont désormais passés au peigne fin. Plus de mystère sur les critiques acerbes qui ont parfois l’air d’un règlement de compte.

Les tares des choix, sont alors révélées au grand jour.

Cent jours après la formation du gouvernement, la tradition démocratique commande de fouiller, voir fouiner dans les premiers pas, à l’épreuve de la réalité d’une gestion qui devrait asseoir la conviction d’un avenir meilleur.

Il faut, à cet effet, une grande débauche d’énergie pour pouvoir démêler les actions du CNRD de ceux d’un gouvernement apparemment morne.

Cela s’expliquerait par la qualité des ministres, qui, à des exceptions près, souffrent du manque de leadership et d’expérience avec une dose d’incompétence avérée.

A cela s’ajoute la qualité de la coordination de l’équipe gouvernementale assurée par un Premier Ministre qui, lui aussi, manque d’expérience et de leadership, pour exister devant un CNRD omniprésent et illisible sur l’agenda de la transition.

Par-dessus tout, le gouvernement, s’il faut bien parler de lui, a réussi à maintenir l’équilibre macroéconomique et à moraliser les dépenses publiques ainsi que la gestion de la chose publique.

Il a aussi réussi à poursuivre la réalisation des grands chantiers en assurant leurs financements. Un mérite que l’équipe conduite par Mohamed Béavogui, a, en partage avec le CNRD, qui peut d’ailleurs logiquement revendiquer cet acquis, qui est le plus saisissant de cette transition.

Mais, c’est à se demander, jusqu’à quand cette embellie devrait durer. Car, la sérénité s’érode face aux actions multiformes et insipides qui interpellent sur des intentions.

Avec la prudence qu’imposent certaines erreurs de jugement, passées, le CNRD acceptera que le gouvernement, celui où il y aura moins de personnes inutiles, assume la plénitude de ces fonctions pour une transition définissable.

Mognouma Cissé

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