Transition Guinéenne : la rue, l’alternative privilégiée (Edito-Mognouma)

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Les opposants au régime militaire, semblent avoir brûlé leurs vaisseaux, décidés à se faire entendre et donc à en découdre dans la rue.

Réunis au sein des forces vives de Guinée, le quatuor des partis politiques et d’organisations de la société civile, qui se font prétentieusement appeler les ‘’Forces Vives de Guinée), décident à nouveau de manifester.

Cet autre bras de fer assumé par ces partis politiques, qui acceptent enfin de se dévoiler, aura lieu lundi 20 mars, dans le Grand Conakry. Peu importe l’appellation. Ce qui est sûr, ils représentent théoriquement, eu égard les résultats des dernières élections, quoique contestées, une bonne partie de l’opinion nationale.

Et c’est pour cela que l’annonce fait craindre le pire. Sauf que les réalités amènent à douter. Au sein même de la coalition, les discours démobilisent. L’expression d’une adversité révélatrice d’une très grande divergence dans les objectifs poursuivis par les uns et les autres, entraînant ainsi des fissures dommageables à l’unité d’actions, peut être rédhibitoire à la volonté de faire regretter au pouvoir en place, son intransigeance à ne pas bouger de sa position.

A l’échec des négociations, tout laisse croire à ce scénario, que les manifestations s’imposent à ceux qui en font une habitude, l’unique alternative pour empêcher la gestion du pays sans eux.

Cet autre round des négociations sous les auspices des religieux, est en train d’aller à vau-l’eau. D’entrée plombées par l’exigence d’arrêter les ennuis contre leur porte-parole, Abdoul Sacko, kidnappé la veille, puis relâché plus tard avant d’être soumis au purgatoire des hommes du tristement célèbre Balla Samoura, Haut Commandant de la Gendarmerie nationale, ces négociations avaient peu de chances d’aboutir.

Elles vont inévitablement coincer sur le sujet relatif à la justice. Donc, elles buteront sur l’intransigeance des militaires à ne pas bouger de leur position. Ça se sent déjà.

La machine judiciaire accélère les pas. Elle, qui est mise en cause et soupçonnée d’être mise en branle contre les opposants, plutôt contre ceux qui rêvent, et depuis toujours, du fauteuil présidentiel.

Il s’agit bien de cette justice dénoncée par le Premier Ministre Kassory Fofana, depuis son lit d’hôpital, dans un discours à la tonalité alternant entre émotion et colère. Il a pointé des vices de procédure évidentes qui amènent à douter d’une interférence de l’exécutif.

C’est bien de la même justice dont on parle, qui a été soupçonnée, au-delà, dénoncée d’être instrumentalisée par le pouvoir que la victime d’aujourd’hui a servie avec dévouement, et a aidé à se perpétuer.

On peut donc présager, à cette allure, que les bourreaux désignés d’aujourd’hui, seront les victimes de demain qui se plaindront elles aussi de la même justice. Alors vivement la fin du cercle vicieux.

Pour revenir aux manifestations du 20 mars, qui sont moins sur les lèvres, il n’existe, pour l’heure, aucune alternative.

Seule la providence, après l’échec des religieux, pour arrêter la machine qui va dévoiler, au terme de cet autre rapport de force, le visage du pouvoir ou des manifestants, qui aura la direction des dialogues futurs.

In DjomaMedia

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