La gouvernance, l’autre grand combat difficile à mener pour le colonel-Président (édito-Mognouma)

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Le Président de la transition ne se lasse pas. Il est, ces derniers temps, aux trousses de ceux qui détiennent une parcelle de responsabilité du pouvoir dans son administration.

Mamadi Doumbouya enclenche un cercle vertueux de gouvernance. Si l’intention est compréhensible et absolument salutaire, la méthode pour y parvenir est contestée à la fois par les soutiens et adversaires qui ont le sens de discernement et l’expérience de la gestion.

En fin de semaine dernière, le chef de l’Etat a de nouveau convoqué les directeurs Généraux des entreprises publiques et leurs adjoints dans le cadre d’une séance dédiée à la reddition des comptes. Le scénario de la première convocation est encore vivace dans les esprits avec de longues heures d’enfer qu’il avait fait vivre à ses invités de ce jour. Des invités qu’il avait contraint à rester éveillés toute une nuit durant.

Du bruit pour rien, commente-t-on dans l’opinion qui commence à se lasser de ces rencontres qui tendent à renvoyer à des mises en scène ou à une approche qui tâtonne.

L’homme du palais Mohamed récidive à nouveau. Mais cette-fois, c’est pour aller très loin des lambris dorés de son palais, pour se retrouver à kaleah, le camp des commandos, son unité d’origine, qui ont brusquement et brutalement interrompu, le 05 septembre 2021, le règne d’Alpha Condé , sous des prétextes qui résistent encore, hélas au temps. Cela plus d’un an après la prise du pouvoir.

Encore une fois, l’intention est irréprochable.

On sent bien chez le colonel de l’agacement et de la trahison quand il constate que les mauvaises habitudes demeurent encore. Pis, quand il constate aussi, qu’en dépit de cela, qu’il a été convaincu de nommer des cadres à la capacité de gestion surfaite . Des promus qui n’ont en réalité ni la qualité encore moins l’expérience de la gestion pour faire face au défi de sa gouvernance.

Il en résulte qu’il veut donc prendre les choses en main. S’occuper lui-même des choses et de toutes les choses, pour s’assurer qu’elles seront bien faites. S’assurer aussi que sa promesse de refondation ne sera ni un refrain creux, ni un slogan de circonstance.

Cependant la méthode inspire la terreur chez les responsables concernés. Elle est interprétée dans l’opinion comme étant l’expression la plus aboutie de la théâtralisation de la gestion.

Téléphones confisqués, cadres séquestrés. Un véritable purgatoire pour aboutir à un résultat incertain quand ce n’est pas à l’initiative des corps de contrôle auxquels ce rôle est dévolu.

Ces derniers, ceux des finances en particulier sont pourtant déployés dans les entreprises publiques, sans trop de charivari dans le but de moraliser la gestion de ces entreprises. Ce depuis quelque temps, à l’initiative du ministre des finances, Moussa Cissé, résolu à redonner à son département, jusque-là réduit à sa portion congrue de payeur, la plénitude de ses prérogatives.

Dans la foulée, le conseil des ministres aussi a annoncé l’audit de tous les contrats passés en 2022 dans le pays. Bien entendu, tous les contrats passés dans les quelques 200 EP et départements ministériels. C’est trop gros, pour croire à son efficacité.

Tout cela s’apparente à du vernis. Un colmatage pour réussir l’autre grand défi de la transition, celle qui consiste à qualifier la gestion publique et qui tient à cœur le colosse du palais qui ne semble pas être bien aidé dans ce combat. Ou qui ne semble pas être bien conseillé.

Ce qui revient du pareil au même.

In DjomaMedia

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