La Guinée : otage des politiques et prisonnière du peuple (Tribune)

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Ce constat, d’autres l’ont déjà fait il y a bien longtemps. Il ne s’agit pas donc de réinventer la roue mais de rééditer l’histoire d’un pays encore à la traine et dont les habitants ont de plus en plus de mal à voir le bout du tunnel.

Loin de prétendre prédire l’avenir, le comportement des uns et des autres est un indicateur sûr et une jauge incontestable du processus de développement qui caractérise l’évolution de chaque nation.

La Guinée objet et théâtre de ce réquisitoire est l’illustration parfaite de cette identité qui inspire tant par son évolution en dents de scie que par l’inconscience quasi collective de ses habitants ayant on s’en lasse, jusque-là, l’unique fierté d’avoir arraché leur indépendance le 02 octobre 1958.

Libres à vous de ne pas être d’accord, tel n’est point l’objet de ce coup de gueule mais depuis notre indépendance, que peut-on retenir du parcours de la Guinée et de l’évolution des mentalités ?

S’il apparait clairement que la réponse à cette question peut susciter un éternel débat et de profonds déchirements, la société étant elle-même divisée selon ses intérêts, il n’en demeure pas moins que chaque citoyen a la latitude de faire son propre constat et à sa manière sur le parcours mitigé de notre patrimoine commun : la Guinée.

« Véritables faux » adeptes de la politique, nous nous sommes dès le début, inscrits parmi les premières nations à opter pour l’autodétermination sans en définir les modalités avec certitude et bâtir le soubassement par un travail de solidarité bénéfique, dépourvu de haine, de suspicion, de coups bas, de discrimination et d’égos démesurés.

Des années se sont écoulées et notre « souveraineté » a frôlé le demi-siècle, de l’âge on en a pris et des générations se sont succédé. Mais à voir ce qui s’est accompli quand les défis d’aujourd’hui sont les mêmes qu’hier, il n’est point superflu de soupçonner la politique d’être en premier lieu, l’instigatrice de notre malaise profond, ni même interdit de nourrir l’inquiétude permanente de voir la Guinée végéter davantage dans l’indifférence qui est la nôtre.

La politique qui nous gouverne comme dans chaque pays doit être menée avec lucidité et dans un élan de transformation du rêve à la réalité et non pas dans l’orgueil d’une promesse qui aura permis une ascension fulgurante et parfois sans un véritable lendemain.

Autant la politique n’est pas une religion autant la promesse est une dette dont l’auteur qu’il soit dirigeant ou autre, a le devoir de s’acquitter pour forcer le respect des siens (le peuple) et s’inscrire dans le panthéon de l’histoire. En Guinée, la politique fait tout le contraire et finit par offrir un tout autre visage que celui qu’elle aura laissé croire et entendre à plusieurs occasions.

A qui la faute ? Au peuple qui est le principal acteur et la vraie boussole de la politique et de son avenir. Il est de même l’unique assurance du pouvoir, permettant aux uns de s’installer, aux autres de céder en fonction des circonstances et du contexte. A cet égard c’est bien à lui de décider du sort de ceux qui le gouvernent, ces politiciens parfois aux appétits insatiables et moins accessibles aux attentes du citoyen lambda dans cet univers troublant et déconcertant d’une majorité silencieuse qui s’apitoie à tort tous les jours.

A force de se détourner de la réalité et de plus en plus instrumentalisé, en Guinée, le peuple est beaucoup plus devenu un instrument aux mains des politiques qu’un guide et un arbitre de la prospérité qu’il juge et sanctionne pour son bien-être et celui des futures générations.

« Quand on danse avec un aveugle il faut le piétiner de temps en temps pour qu’il ne se sente pas seul sur la piste » nous enseigne le Médecin Fred de Bulobo Mbayo de la RDC.

Au peuple de Guinée dans une unité d’action et sans préjugé aucun de savoir faire la part des choses dans un monde où chaque rendez-vous manqué est difficile à combler pour ne pas dire IMPOSSIBLE !

Habib Thiam


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