{"id":4528,"date":"2018-08-01T12:43:20","date_gmt":"2018-08-01T12:43:20","guid":{"rendered":"http:\/\/www.friaguinee.net\/?p=4528"},"modified":"2018-08-01T12:43:20","modified_gmt":"2018-08-01T12:43:20","slug":"ibrahima-kassory-fofanales-ppp-constituent-un-elan-pour-une-croissance-robuste-durable-et-inclusive-de-lafrique","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.friaguinee.net\/index.php\/2018\/08\/01\/ibrahima-kassory-fofanales-ppp-constituent-un-elan-pour-une-croissance-robuste-durable-et-inclusive-de-lafrique\/","title":{"rendered":"Ibrahima Kassory Fofana\u00abLes PPP constituent un \u00e9lan pour une croissance robuste, durable et inclusive de l&rsquo;Afrique\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>Avant sa nomination comme Premier ministre le 21 mai 2018, Ibrahima Kassory Fofana \u00e9tait depuis 2014, ministre d&rsquo;Etat charg\u00e9 de la promotion des investissements et des Partenariats Public-Priv\u00e9 (PPP). Economiste de formation, il a \u00e9t\u00e9 ministre des Finances et de l&rsquo;\u00e9conomie de 1997 \u00e0 2000 apr\u00e8s avoir occup\u00e9 plusieurs postes de responsabilit\u00e9 dans l&rsquo;administration guin\u00e9enne et au sein d&rsquo;institutions financi\u00e8res internationales (BAD, FMI). Fervent d\u00e9fenseur du recours aux PPP, Kassory Fofana d\u00e9crypte pour \u00abLa Tribune Afrique\u00bb les enjeux entourant ces m\u00e9canismes de financement qui ont la cote sur le Continent.<\/p>\n<p><strong>LTA\u00a0:<\/strong>\u00a0<strong>Depuis quelques ann\u00e9es, les PPP sont \u00e9rig\u00e9s en alternatives pour financer le d\u00e9veloppement de l&rsquo;Afrique. Apr\u00e8s l&rsquo;Aide publique au d\u00e9veloppement (APD) ou les investissements \u00e9trangers, le recours aux PPP n&rsquo;est-il pas juste un nouvel effet de mode ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ibrahima Kassory Fofana<\/strong>\u00a0: Il est important d&rsquo;abord de prendre en compte le contexte qui justifie que pour les pays africains, les PPP constituent des outils efficaces de d\u00e9veloppement. C&rsquo;est d&rsquo;abord et justement les grandes ambitions de nos pays en mati\u00e8re de d\u00e9veloppement socio\u00e9conomique ainsi que les immenses besoins en infrastructures notamment qui n\u00e9cessitent des ressources financi\u00e8res consid\u00e9rables alors m\u00eame que les modalit\u00e9s de financement du d\u00e9veloppement ne cessent d&rsquo;\u00e9voluer au niveau mondial.<\/p>\n<p>Ensuite, nous assistons aujourd&rsquo;hui \u00e0 la mont\u00e9e en puissance des firmes transnationales dont la capacit\u00e9 financi\u00e8re de certaines est sup\u00e9rieure \u00e0 celle de la plupart de nos Etats et m\u00eame des montants que peuvent mobiliser certaines institutions financi\u00e8res traditionnelles. L&rsquo;environnement \u00e9conomique mondial se trouve donc impact\u00e9 par leurs activit\u00e9s et les flux d&rsquo;investissement qu&rsquo;induisent leurs strat\u00e9gies d&rsquo;implantation en fonction des opportunit\u00e9s offertes. Ce qui fait que le contexte \u00e9conomique mondial change pour tout le monde, notamment en termes de m\u00e9canismes de financement de d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Le vieux mod\u00e8le centr\u00e9 sur l&rsquo;APD et le financement des besoins restants par la dette ext\u00e9rieure laisse donc de plus en plus la place \u00e0 un cadre dans lequel l&rsquo;accent est davantage mis sur la mobilisation des ressources via les Partenariats Public-Priv\u00e9 et les investissements priv\u00e9s. Enfin, il convient de relever que les pays africains ont un potentiel \u00e9conomique attractif, comme c&rsquo;est le cas pour notre pays la Guin\u00e9e, qui offre de r\u00e9elles opportunit\u00e9s \u00e0 l&rsquo;investissement priv\u00e9 qu&rsquo;il soit local ou international.<\/p>\n<p><strong>Comme par le pass\u00e9, c&rsquo;est pourtant l&rsquo;argument financier qui est mis en avant pour justifier l&rsquo;opportunit\u00e9 du recours aux PPP. Comment les PPP pourraient-ils apporter un nouveau souffle au d\u00e9veloppement des pays africains ?<\/strong><\/p>\n<p>Les PPP sont une des meilleures r\u00e9ponses \u00e0 la probl\u00e9matique du d\u00e9veloppement du continent puisque comme nous pouvons le constater, l&rsquo;Afrique n&rsquo;a pas pu atteindre ses objectifs du mill\u00e9naire pour le d\u00e9veloppement (OMD), pr\u00e9cis\u00e9ment en raison du manque de financement. Quand on additionne l&rsquo;aide au d\u00e9veloppement, plus les programmes d&rsquo;investissement public et priv\u00e9, il reste encore \u00e0 atteindre les 7% de croissance par pays, n\u00e9cessaires pour remplir l&rsquo;objectif du mill\u00e9naire, rat\u00e9 en 2015 et qui consistait \u00e0 r\u00e9duire de moiti\u00e9 la pauvret\u00e9 sur le Continent.<\/p>\n<p>Selon la CNUCED, le niveau des investissements requis devrait \u00eatre d&rsquo;au moins 25% des budgets nationaux. Nous avons donc besoin de trouver quelque 60 \u00e0 70 milliards de dollars par an, or ni les \u00c9tats ni l&rsquo;aide internationale ne peuvent suffire. Il faut donc cr\u00e9er les opportunit\u00e9s, pour les investisseurs priv\u00e9s africains et \u00e9trangers comme pour les pouvoirs publics, de faire des PPP un vecteur puissant de dynamisme \u00e9conomique pour une prosp\u00e9rit\u00e9 partag\u00e9e. Un tel effort n&rsquo;est \u00e0 la port\u00e9e que de quelques pays du Continent d&rsquo;autant que l&rsquo;une des cons\u00e9quences de la crise des ann\u00e9es 1980, c&rsquo;est que les investissements publics ont suivi une tendance baissi\u00e8re sur l&rsquo;ensemble du continent africain, passant du niveau record de 11,5\u2009% en 1982 \u00e0 5\u2009% de PIB environ en 2012.<\/p>\n<p>Si pour les \u00e9conomies avanc\u00e9es, un tel niveau est tr\u00e8s appr\u00e9ciable, pour les \u00e9conomies en d\u00e9veloppement comme les n\u00f4tres, cependant, il reste faible au regard des d\u00e9fis \u00e0 relever. Il y a donc n\u00e9cessit\u00e9 de recourir \u00e0 des instruments de financement innovants, \u00e0 m\u00eame de suppl\u00e9er aux insuffisances des ressources traditionnelles que sont les budgets des \u00c9tats et l&rsquo;APD. C&rsquo;est en cela que le recours aux Partenariats Public-Priv\u00e9 se justifie pleinement. Faut-il rappeler que depuis la crise de l&rsquo;endettement des ann\u00e9es 1980, la logique de stabilisation macro\u00e9conomique, notamment l&rsquo;assainissement des comptes publics, a constitu\u00e9 l&rsquo;objectif principal des politiques \u00e9conomiques men\u00e9es dans nos Etats, au d\u00e9triment donc de l&rsquo;investissement, qui, on le sait, est fondamental pour la croissance \u00e9conomique.<\/p>\n<p><strong>Le recours aux PPP est surtout pr\u00e9conis\u00e9 pour les pays africains dans le domaine des infrastructures o\u00f9 les besoins sont immenses&#8230;<\/strong><\/p>\n<p>Les besoins de l&rsquo;Afrique en infrastructures concernent l&rsquo;ensemble de l&rsquo;\u00e9conomie, en particulier les secteurs de l&rsquo;\u00e9nergie, les routes, les t\u00e9l\u00e9communications et le management des ressources en eau. La Banque mondiale, \u00e0 travers le Diagnostic National des Infrastructures Africaines (AICD), estime \u00e0 93 milliards de dollars par an le niveau des financements requis alors qu&rsquo;actuellement les financements mobilis\u00e9s s&rsquo;\u00e9l\u00e8vent \u00e0 43 milliards de dollars, soit un gap annuel de 50 milliards. Selon les estimations disponibles, ce gap financier affecterait n\u00e9gativement le potentiel de croissance \u00e9conomique du continent \u00e0 hauteur de 2%, limitant ainsi la productivit\u00e9 du secteur priv\u00e9 africain. L&rsquo;indisponibilit\u00e9 des financements constitue un frein au d\u00e9veloppement de l&rsquo;Afrique. Et c&rsquo;est en cela que le mode de financement PPP trouve toute sa justification, en ce qu&rsquo;il apporte une r\u00e9ponse appropri\u00e9e \u00e0 l&rsquo;insuffisance des ressources d&rsquo;investissement public. Il est donc essentiel que nos pays s&rsquo;y pr\u00e9parent en am\u00e9liorant le climat des affaires, car pour mat\u00e9rialiser ces opportunit\u00e9s d&rsquo;investissement, il faut garantir des conditions de s\u00e9curit\u00e9 permettant aux priv\u00e9s de s&rsquo;engager.<\/p>\n<p><strong>Bien que la loi sur les PPP n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 mise en \u0153uvre que l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re en Guin\u00e9e, plusieurs accords de partenariats ont \u00e9t\u00e9 sign\u00e9s et certains d\u00e9j\u00e0 mis en \u0153uvre dans votre pays. Quelles le\u00e7ons avez-vous tir\u00e9 de ces exp\u00e9riences bien que r\u00e9centes et quelles sont les contraintes qui restent \u00e0 lever\u2009?<\/strong><\/p>\n<p>Notre pays a effectivement adopt\u00e9 une loi PPP qui est actuellement dans la phase de mise en \u0153uvre \u00e0 travers ses diff\u00e9rentes composantes, car les PPP c&rsquo;est avant tout un package. Cette loi vise entres autres \u00e0 d\u00e9velopper les capacit\u00e9s internes, \u00e0 r\u00e9former les institutions, \u00e0 simplifier la r\u00e9glementation ainsi qu&rsquo;\u00e0 am\u00e9liorer la gouvernance, notamment le dialogue avec le secteur priv\u00e9. Nous sommes en train de travailler avec l&rsquo;ensemble des acteurs pour lever les contraintes qui freinent le secteur priv\u00e9. La loi PPP s&rsquo;attaque aux contraintes institutionnelles et r\u00e9glementaires. Il faut savoir que la loi sur les PPP permet d&rsquo;am\u00e9liorer globalement le cadre juridique et institutionnel du pays en mettant l&rsquo;accent sur le cadre d&rsquo;intervention des institutions en charge des programmes de d\u00e9veloppements en concertation avec le priv\u00e9. Cependant, il y a d&rsquo;autres aspects \u00e0 prendre en compte parall\u00e8lement, notamment en mati\u00e8re de stabilit\u00e9 macro\u00e9conomique, de bonne gouvernance ainsi que de l&rsquo;environnement des affaires, mais aussi et surtout de renforcement de la capacit\u00e9 humaine, c&rsquo;est-\u00e0-dire la probl\u00e9matique de la formation et des comp\u00e9tences. Les PPP c&rsquo;est aussi une opportunit\u00e9 pour promouvoir le contenu local et de cr\u00e9ation d&#8217;emploi surtout pour les jeunes, ce qui constitue un vrai d\u00e9fi pour nos pays. C&rsquo;est sur toutes ces questions que le gouvernement travaille et il faut reconna\u00eetre que c&rsquo;est un chantier permanent auquel nous nous attelons conform\u00e9ment aux ambitions du pr\u00e9sident Alpha Cond\u00e9 pour la Guin\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Les pays d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest dont fait partie la Guin\u00e9e se sont greff\u00e9s \u00e0 la dynamique des PPP avec des initiatives r\u00e9gionales port\u00e9es par l&rsquo;UEMOA et la CEDEAO. Quel est l&rsquo;objectif \u00e0 travers cette approche d&rsquo;ensemble et comment pourrait-elle accompagner la dynamique sous-r\u00e9gionale ?<\/strong><\/p>\n<p>En Afrique de l&rsquo;Ouest, que ce soit au sein de la CEDEAO et de l&rsquo;UEMOA, nous avons enregistr\u00e9 de r\u00e9els progr\u00e8s pour ce qui est de l&rsquo;int\u00e9gration r\u00e9gionale ainsi qu&rsquo;en mati\u00e8re de mise en place d&rsquo;un march\u00e9 commun. Nous avons des initiatives et des projets susceptibles d&rsquo;\u00eatre accompagn\u00e9s par les PPP au niveau sous-r\u00e9gional. Il subsiste toutefois certaines insuffisances notamment en termes d&rsquo;harmonisation des l\u00e9gislations ou des r\u00e9glementations pour garantir aux investisseurs priv\u00e9s comme aux \u00c9tats la s\u00e9curit\u00e9 de leurs investissements.<\/p>\n<p>C&rsquo;est en ce sens qu&rsquo;il est n\u00e9cessaire d&rsquo;avoir une approche r\u00e9gionale, car elle peut se r\u00e9v\u00e9ler pertinente pour accompagner cette dynamique des PPP.<\/p>\n<p><strong>\u00a0LA TRIBUNE AFRIQUE<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avant sa nomination comme Premier ministre le 21 mai 2018, Ibrahima Kassory Fofana \u00e9tait depuis 2014, ministre d&rsquo;Etat charg\u00e9 de la promotion des investissements et des Partenariats Public-Priv\u00e9 (PPP). 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